dimanche 11 mars 2007

Bob Dylan "Desire".

Tentative de chronique d'album histoire de vous donner envie de l'écouter.



Bob Dylan sort "Desire" en 1976 aprés plusieurs années de manque d'inspiration question musique, seulement interrompues par l'album précedent "Blood on the tracks", et aprés la sortie de "Tarantula", recueil de poémes peu apprecié des critiques à l'époque (c'est rien de le dire) ainsi qu'aprés un passage au cinéma dans "Pat Garret et Billy le Kid".

Le flower power est bien loin derrière, et les styles musicaux sont plutot orientés hard rock ou reggae (sortent cette année la : "Rastaman Vibration" de l'autre Bob, Marley ; "Legalise it" de Peter Tosh; "High Voltage" d' AC/DC , Kiss, Led Zeppelin, les Sex Pistols sortent "Anarchy In The U.K." et le disco est déja bien installé ...).

Dylan s'en fout et joue sa musique. Pour avoir un apercu de quoi il retourne, c'est simple, il suffit d'observer la pochette et le titre : tout y est.
Du folk bouseux, de la country dejanté qui lorgne vers le manouche et de la chanson douce-amére declamé par un poéte qui se pose des questions sur l'amour et la vie en géneral, l'alliance entre le chapeau, la veste au col de trappeur du grand nord et le foulard en soie, le tout empreint d'un certain mysticisme.
Pochette

1 Hurricane - 8:33
2 Isis - 6:58
3 Mozambique - 3:00
4 One More Cup of Coffee - 3:43
5 Oh, Sister - 4:05
6 Joey - 11:05
7 Romance in Durango - 5:50
8 Black Diamond Bay - 7:30
9 Sara - 5:29



"Hurricane", morceau qui ouvre l'album est inspiré de l'histoire de Rubin Carter, un boxer accusé d'un meurtre dans les années 60. C'est la chanson politique du disque ou le Zim expose sa version du procés et de la condamnation qui en découle resumé dans ces vers :
" Now all the criminals in theit coats and theirs ties
Are free to drink martini and watch the sun rise
While Rubin sit like Bhuda in a ten foot-cell
A innocent man in a living hell
".



"Isis", qui suit, est à mon avis le meilleur morceau, notamment par l'interprétationDétail pochette int. du bonhomme. On parle souvent et avec raison du ton nasillard de la voix de Bob Dylan. Là il se laisse bien aller dans le style, exploite à son avantage cette caractéristique vocale et vit son texte à mesure qu'il le chante. Un texte ou il place des dialogues et dont le contenu est assez mystérieux - L'histoire d'un type qui s'embarque dans une aventure avec un autre gars pour trouver un mort, sur fond d'histoire d'amour avec l'Isis du titre.. - avec des paroles du style "'when he died I was hopin' it was not contagious"...". Dylan au piano pour 4 notes - 2 accords, qui mine de rien ajoutent de l'intensité au morceau.

Dans le même style en plus calme, "Sara", chanson pour sa femme avec qui il vit à l'époque une période de turbulences et qui est présente lors de l'enregistrement.



Le slow (!) bluesy "Joey" , the never ending song (11.05) raconte la vie d'un gangster menbre de la mafia dans le quartier de Little Italy, ici rendu sympathique. Grand renfort de violon et d'accordéon, batterie en avant qui cogne dur ( Howard Wyeth, impeccable tout au long de la galette) et tout dans le laisser-aller au niveau des voix. Une merveille.

"Mozambique" 3 mn au compteur et "Romance in Durango" sont les morceaux les plus "funs". Du Dylan plus décontract, ou il se laisse même aller au refrain en espagnol. Sympatoche mais pas le côté le plus marquant.
"Black diamond bay", dans un tempo plus rapide, est déja plus convaincante avec sa narration d'un fait divers, une eruption sur une ile, vu des personnes présentes et du personnage devant sa telé. Même si elle est écrite en duo, elle est caractéristique d'une certaine écriture de Dylan : texte à rallonge, changement dans les refrains.

Et on termine avec les deux titres trés calme "One more cup of coffee" et "Oh, sister", 2 des 3 chansons écrites par Dylan seul (la troisiéme étant "Sara"). Pas ses meilleurs textes mais toujours cette ambiance distillée par le violon au airs populaires juifs et l'interpretation du Zim sur le premier et l'harmonica lancinant sur le deuxiéme, et la particularité d'être entiérement chanté en duo, ce dont il n'est pas coutumier . Détail pochette int.




Les autres chansons sont écrites en collaboration avec Jacques Levy, parolier pour plusieurs chanteurs, psychologue et directeur de théatre, ce qui est assez inhabituel pour Dylan qui d'habitude n' a besoin de personnes pour pondre du texte flamboyant mais le résultat est ici brillant, tout en images poétiques.

Le groupe réuni pour l'occasion, qui compte en son sein Emmylou Harris au choeur et Scarlet Rivera au violon, est à l'avenant. Il accompagne parfaitement le Zim et crée cette atmosphére de java mélancolique du fond des bois. C'est le premier groupe voulu par Dylan qui se contente souvent de musiciens ou de groupes d'accompagnement deja formés et l'album sera enregistré en plein milieu d' une tournée avec ce groupe (d'ou la cohésion musicale qui ressort d'une écoute compléte).

Musiciens :

Bob Dylan – vocals, rhythm guitar, harmonica, piano
Scarlet Rivera – violin Détail pochette int.
Howard Wyeth – drums, piano
Dom Cortese – accordion, mandolin
Vincent Bell – bellzouki
Rob Stoner – bass guitar, background vocals
Emmylou Harris – background vocals
Ronee Blakley – background vocals on "Hurricane"
Steven Soles – background vocals on "Hurricane"
Luther - congas on "Hurricane"

Atmosphére véritablement envoutante, mélodies somptueuses, paroles poétiques, un album à écouter et réecouter. Pas l'album qui posséde les plus grandes chansons du Bob, surtout au niveau des textes, mais une pierre marquante dans son édifice, un album à part qui n'a rien a voir avec le reste de sa discographie pourtant varié. Malgré ça, pour ceux qui ne connaitraient pas bien la carriére de ce poéte, un bon moyen de l'approcher.


L'intro de chaque morceau (40 sc.) et les lyrics sur Bob Dylan.com


Des vidéos en rapport :


On est au moins 15 à aimer "Hurricane" !



Version véner de "Isis", bien loin de l'originale... Filmé pendant La "Rolling Thunder Revue", tournée qui suit l'album.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

c toi qui a écrit tout ça ou c un copié-collé? lol

Did a dit…

j'réponds pas aux anonymes...

ben a dit…

c'est bien beau tout ça mais où on peut se procurer l'album pour l'écouter?? (à part l'acheter biensur)